Le paradoxe du prix des chevaux

Il y a quand même des grosses incohérences dans le monde du cheval, le prix d’achat de ces animaux en est un très gros… petit ZOOM :

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FABRIQUONS UN CHEVAL…

1- Le coût de « production » des éleveurs

Entre :

  • acheter la poulinière, la nourrir et la soigner, la loger, la surveiller durant la gestation,
  • payer la saillie et tout ce qui va autour (pension de la jument en centre d’insémination et compagnie), en sachant qu’une saillie coûte de 400 à 4000 € en moyenne…
  • régler les frais vétérinaires liés à la gestation, échographies et mise bas
  • nourrir et soigner le poulain durant 3 ans
  • payer le débourrage et tout ce qui va avec, voire le valoriser pour le vendre.

Une étude a été publiée dans le magazine EPERON de septembre 2017, évaluant le coût A LA NAISSANCE, en sachant que ce prix ne prend pas en compte les coûts liés à la mère du poulain :

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2- Le salaire de l’éleveur

On considère qu’à un moment, ces éleveurs doivent manger, se loger, se vêtir, payer leurs employés et leurs impôts… élever leurs enfants… Avoir un salaire quoi !

3- La TVA

Comme tu le sais surement, il y a quelques années la TVA était à 5%, aujourd’hui elle est à 20%, or le « consommateur », lui, il a moyen envie de payer ces 15% supplémentaires, et souvent c’est l’éleveur qui finit par supporter ce surcoût.

En gros, pour un cheval qu’on vend 8000 € (par un pro), il ne touchera en réalité que 6666 €, le reste est pour l’Etat !

C’est ce qui fait qu’il est souvent plus intéressant d’acheter un cheval à un particulier, car la transaction se fait sans TVA !

TVA

J’ACHÈTE UN CHEVAL CLÉ EN MAINS

Souvent les acheteurs veulent un cheval « savant », il doit être beau, bien dressé, et avoir déjà fait quelques tours et bien évidemment être sans fautes un maximum.

Sauf qu’évidemment, ça prend du temps, un cheval un minimum dressé avec un minimum d’expérience !

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MAIS IL DOIT ÊTRE JEUNE !

Eh oui, passé 10 ans on considère qu’un cheval est vieux. Or même si on le débourre à 4 ans, on le considère « jeune cheval » jusqu’à 7 ans (il y a des épreuves jeunes chevaux de 4 à 6 ans).

Du coup, le cheval a une « espérance de vente » à un prix décent pendant 3 ans. C’est PEU.

Concrètement, si ton cheval a fait du concours dès son année de 4 ans tous les ans, il y a des chances pour qu’il ait été débourré à 3 ans, exploité de 4 à 6 ans en concours jeunes chevaux, et s’il est beaucoup sorti depuis, alors oui, à 10 ans il est certainement déjà bourré d’arthrose et invendable…

ET POURTANT n’y aurait-il pas des choses à revoir ? Pourquoi s’acharner à faire sauter si haut dès le plus jeune âge ? Parce que sinon PERSONNE n’achètera ce cheval.

Je regardais « On passe à table » avec Philippe ROZIER l’autre jour, il explique pourtant que Rahotep, qui est quand même champion olympique n’a pas fait de compétitions avant ses 6 ans pour lui laisser du temps !

Aujourd’hui, Rahotep a 12 ans, et il saute les CSI 5*… est-il VIEUX ?

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Source : FFE

Aux JO, certains chevaux de complet avaient plus de 17 ans…

ET SON PALMARÈS JOUE BEAUCOUP

Il y a quelques années, j’avais voulu racheter à sa propriétaire le cheval que j’avais en DP.

Âge de 10 ans, ce hongre anglo-arabe, aux papiers « pas dégueu mais pas non plus ouf », d’un physique atypique sautait 110 facilement, mais sans être régulièrement au classement, il avait été assez peu exploité après son acquisition en élevage pour une somme plutôt élevée (12000 €).

La propriétaire en voulait le prix d’achat, mais finalement, les chevaux sont un peu comme les voitures, si tu l’achète neuve (à l’élevage), il décote très vite… Et clairement, qui paierait ce prix là pour un cheval de cet âge avec ce palmarès ? Personne.

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Source : equestra

CONCLUSION

Pour autant… je ne saurai dire ce qu’il y a réellement à revoir, par où commencer et ce que je changerai.

L’idée de cet article n’est pas de donner des leçons, mais c’est l’idée qu’il y a beaucoup d’incohérences, non ?

Je pense aussi qu’il y a trop de production, ce qui tire les prix vers le bas (après, d’un coté, je me dis… HEUREUSEMENT, sinon je n’aurai sans doute pas pu me le permettre).

XOXO

MLLEPONEY

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2 réflexions sur “Le paradoxe du prix des chevaux

  1. Honnêtement, je plains les éleveurs, car ils ont TOUS les mauvais côtés : TVA, coût du cheval dès sa naissance, éducation et débourrage à faire et surtout client exigeant. A savoir qu’ils mettent leur réputation en jeu à chaque vente aussi…

    N’empêche, il est vrai que travailler les chevaux si jeunes et de manière si intensive est dérangeante. Avoir un cheval bon pour la retraite à 14-15 ans, ça craint quand on connaît son espérance de vie.

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